L’alimentation des marins : biscuits de mer et provisions lors de leurs traversées
Pendant des siècles, la mer a été la principale voie de communication et de commerce en Méditerranée. Les marins et les marchands passaient de longues journées, voire des mois, à bord de leurs navires, confrontés au grand défi de conserver les aliments en bon état pendant la traversée. Avant l’arrivée de la réfrigération moderne, l’alimentation des marins reposait sur des produits simples, résistants et faciles à stocker, dont certains ont survécu jusqu’à nos jours sous des formes très proches de celles d’origine.
Que mangeaient les marins autrefois ?
Ce qui nous semble aujourd’hui assez simple était à l’époque un véritable exploit : les navires étaient rudimentaires, il n’existait pas de systèmes de communication comme aujourd’hui, et surtout, l’alimentation à bord était vraiment très compliquée.
L’approvisionnement des marins pendant des jours, des semaines, voire des mois, était très problématique car, en l’absence de réfrigérateurs, les provisions se gâtaient facilement.
À titre d’exemple, citons l’expédition de Juan Sebastián Elcano, qui a fait le tour du monde en 1519 et a effectué des étapes pouvant aller jusqu’à 5 mois sans pouvoir toucher terre ni s’approvisionner en eau et en nourriture fraîche. Au départ d’Espagne, ses cinq navires avaient embarqué de l’eau, du vin, du riz, des légumineuses, de la farine, des coings, des figues, du miel, du fromage, des harengs, des sardines, du vinaigre, de la viande salée et surtout, les indispensables biscuits de mer.
Le grave problème du scorbut
Le scorbut est une maladie grave causée par une mauvaise alimentation, et plus précisément par une carence en vitamine C. Cela entraîne une détérioration rapide de différentes parties du corps, comme les os, les ligaments, la peau ou les gencives. Au bout de plusieurs semaines ou de quelques mois sans consommer de fruits ou de légumes frais, les premiers symptômes apparaissent : grande fatigue, faiblesse et douleurs musculaires ou articulaires. Cependant, le plus visible est l’apparition de taches et d’hématomes sur la peau, ou l’inflammation des gencives qui deviennent violettes et saignent facilement.
Dans les cas les plus graves, cela peut entraîner la mort, par hémorragies internes ou défaillance multiviscérale. C’est ce qui est arrivé à des milliers de marins de l’Antiquité, en particulier lors des longues traversées sans pouvoir accoster et se nourrir de légumes frais.
Les biscuits de mer, un trésor pour les marins d’autrefois
Le pain de blé, aliment de base en Occident, s’humidifiait et moisissait ; nos ancêtres ont donc trouvé le moyen de fabriquer une variante du pain qui ne posait pas ces problèmes. Il s’agissait d’un pain dur et sec, à base de farine de blé non fermentée, cuit plusieurs fois au four pour en éliminer l’eau. Une variante de ce pain, le Panis Nauticus, était déjà utilisée par la flotte romaine au Ier siècle.

Plus tard, à l’époque des grandes découvertes, le pain de marin avait déjà pris la forme de biscuits, bien plus pratiques à stocker et à rationner. Ils ont considérablement facilité l’alimentation lors des longues traversées et ont permis d’atteindre des contrées très lointaines.

Des biscuits de mer aux biscuits marins d’aujourd’hui
Cependant, les biscuits de mer étaient un aliment très rustique, très pratique pour les traversées en mer, mais trop grossiers pour la vie à terre ; c’est pourquoi, avec l’avènement de la modernité, ils ont été transformés en une autre version : les biscuits à l’huile.
Il y a quelques années, le concept original a été remis au goût du jour, donnant naissance aux biscuits marins modernes. Ces biscuits, plus plats, se déclinent aujourd’hui en de nombreuses variantes et pour tous les goûts : au romarin, aux épices, aux graines, nature ou épicés, complets, etc.
Ils sont parfaits à déguster seuls, pour préparer des tapas ou pour accompagner une multitude d’aliments : fromage, confiture, pâtés, charcuterie… et parmi eux, bien sûr, notre chère sobrasada. Vous pouvez faire vos achats dans notre boutique en ligne: Découvrez les meilleures produits gastronomiques de Majorque

L’histoire de la navigation méditerranéenne regorge de petites astuces qui ont aidé les marins à survivre lors de longues traversées. Parmi celles-ci, on trouve notamment certains aliments que l’on consomme encore couramment aujourd’hui. L’un d’entre eux est le fenouil marin, appelé « fonoll marí » à Majorque, une plante très appréciée dans les îles Baléares pour son apport en vitamine C, qui aidait les marins à éviter le scorbut.
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