L’ensaimada de Majorque : origines historiques et actualité
L’ensaimada de Majorque est sans aucun doute la pâtisserie la plus célèbre de l’île et l’un des grands symboles de la gastronomie majorquine. Son origine suscite depuis des années l’intérêt des historiens et des gastronomes, car sa recette et sa forme semblent mêler les influences des cultures musulmane, juive et chrétienne qui ont cohabité à Majorque au fil des siècles.
Qu’est-ce que l’ensaimada de Majorque ?
L’ensaimada est une pâtisserie traditionnelle majorquine, qui se caractérise par sa forme ronde très particulière. Cette forme est obtenue à partir d’un boudin de pâte enroulé en spirale. Il en existe de différentes tailles, de la plus petite, individuelle, aux plus grandes pouvant servir jusqu’à 20 personnes.
Comment prépare-t-on une ensaimada ? Ingrédients et préparation
Les ingrédients essentiels sont : la farine, les œufs, le sucre, la levure et l’eau. Un autre ingrédient très important est le saindoux (saïm en majorquin), dont elle tire son nom (de saïm… ensaimada).
Une fois la pâte préparée, on la laisse fermenter pendant 1 ou 2 jours. Ensuite, on l’étale et on y étale une fine couche de saindoux. On forme alors un long boudin que l’on enroule sur lui-même jusqu’à obtenir la taille souhaitée, puis on le fait cuire au four. Une fois prête, l’ensaimada est servie saupoudrée d’un peu de sucre glace.
L’origine de l’ensaimada
Ce n’est pas tout à fait clair, mais divers historiens et spécialistes de la gastronomie considèrent que la recette de l’ensaimada majorquine s’est élaborée petit à petit, grâce à l’apport des traditions et des coutumes des différentes cultures qui ont peuplé notre île.
L’origine musulmane possible
Certains chercheurs estiment que l’ensaimada pourrait être liée à d’anciennes pâtisseries de tradition musulmane confectionnées à Majorque à l’époque islamique. L’ensaimada proviendrait donc de l’évolution d’une pâtisserie arabe connue sous le nom de « bulema », qui signifie « rose », et qui a probablement reçu ce nom en raison de son aspect. Elle avait la même forme que notre ensaimada, mais avec des ingrédients différents tels que le beurre de lait de brebis, l’œuf et l’huile d’olive.
L’influence de la cuisine juive
La cuisine séfarade traditionnelle de l’île aux XIVe et XVe siècles a très certainement continué à préparer un mets similaire, mais en transformant la recette et en utilisant de la purée de pommes de terre, des bettes, des épinards, des aubergines et d’autres ingrédients comme garniture. Compte tenu des persécutions subies par les Juifs de l’époque à Majorque, certaines théories suggèrent que ce sont les chrétiens qui auraient introduit l’utilisation du saindoux dans la recette. Étant donné que les personnes de confession juive ne pouvaient pas consommer de porc ni ses dérivés, cela permettait de déterminer si elles avaient abandonné leurs anciennes croyances et s’étaient réellement converties au christianisme.
L’apport chrétien et la naissance de l’ensaimada telle qu’on la connaît aujourd’hui
L’évolution de la recette sous l’influence chrétienne a conduit à l’utilisation du saindoux à la place du beurre de lait de brebis, ainsi qu’à l’abandon de l’huile. Le nom « ensaimada » vient du mot « saim », qui signifie « saindoux » tant en arabe qu’en majorquin. Après des siècles d’évolution, l’ensaimada a atteint son apogée et la recette actuelle.
Quand l’ensaimada apparaît-elle pour la première fois dans les documents ?
Les premières références écrites à l’ensaimada apparaissent dans des documents du XVIIIe siècle, dans divers livres de recettes. Plus tard, même le célèbre écrivain des Lumières Gaspar Melchor de Jovellanos mentionne les ensaimadas, puisqu’il fut emprisonné au château de Bellver entre 1802 et 1808. Tout cela démontre que, depuis plusieurs siècles, elle fait partie de la pâtisserie traditionnelle majorquine.
L’ensaimada aujourd’hui, un symbole gastronomique de Majorque
De nos jours, les ensaimadas sont une pâtisserie incontournable des petits-déjeuners et des goûters à Majorque, mais on les retrouve également lors des fêtes de famille, où elles constituent un dessert de choix. Mais les Majorquins ne sont pas les seuls à les apprécier : les visiteurs et les touristes sont ravis de ramener chez eux des ensaimadas dans leur boîte hexagonale typique, en guise de souvenir gastronomique. Aujourd’hui, l’ensaimada est un produit très réputé tant sur l’île qu’à l’étranger.
Les différentes variétés d’ensaimadas actuelles
La plus traditionnelle et la plus courante est la « lisa », moelleuse et délicieuse lorsqu’elle est fraîchement préparée. Vous en trouverez également fourrées aux cheveux d’ange, à la crème, à la crème fouettée ou au chocolat. Les plus exotiques sont peut-être celles garnies de morceaux d’abricot, de sobrasada ou de fruits confits. Quelle que soit la variété, si elles sont fraîches et cuites dans un four de qualité, à la manière traditionnelle, elles sont toutes exquises.
La protection de l’ensaimada en tant que produit traditionnel
Afin de protéger ce produit si emblématique de notre île, l’« Indication géographique protégée de l’Ensaimada de Majorque » a vu le jour en 1996. Grâce à son conseil régulateur, elle contrôle les ingrédients utilisés et le processus de production des membres affiliés afin de garantir la qualité finale du produit.
Si vous souhaitez en savoir plus sur l’univers de l’ensaimada, suivez le lien : L’ensaimada de Majorque et sa lointaine cousine, l’ensaymada del Philippines
https://www.productesdemallorca.es/ensaimada-majorque-philippines/?lang=fr
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