Les talayots de Majorque : la mystérieuse culture préhistorique de l’île
Vous souvenez-vous des aventures d’Astérix et de son acolyte Obélix, le petit gros costaud qui portait un menhir (mégalithe) sur le dos ? Eh bien, ces deux personnages de bande dessinée n’étaient ni majorquins, ni même baléares, mais gaulois. Mais en Europe, avant la domination romaine, on trouve des cultures mégalithiques, à différentes époques et sous différentes formes. Aujourd’hui, nous allons vous parler des talayots.
Que sont les talayots ?
Un talayot est un type de construction ressemblant à un donjon, de forme tronconique, pas très haut et construit avec de grosses pierres (technique de construction en pierres sèches appelée cyclopéenne). Ils ont généralement une base circulaire, bien qu’il en existe aussi à base carrée. Les plus typiques ont des murs très épais, un espace intérieur réduit avec un pilier central pour soutenir la toiture, et un petit passage d’accès.

Origine du mot et à quoi servaient les talayots ?
On dit que le mot « talaiot » vient du mot « talaia » (tour de guet), « tour construite en hauteur pour pouvoir surveiller une vaste étendue ».
Mais en réalité, nous ne savons pas exactement quelle était leur fonction : servaient-ils uniquement à l’observation ou à la défense ? Étaient-ils une sorte de sanctuaire ou de lieu rituel ? Peut-être étaient-ils destinés aux sépultures et aux crémations ? Ou simplement un lieu de vie pour les plus privilégiés du clan ?
Il est possible qu’ils aient eu plusieurs fonctions, qui auraient même pu varier selon les époques.
L’époque des talayots à Majorque
À Majorque, la culture talayotique s’étend approximativement de 1300 à 123 av. J.-C., jusqu’à l’arrivée des Romains sur l’île. Il est clair qu’il ne s’agissait pas d’un phénomène isolé, mais qu’à divers endroits de la Méditerranée et de l’Europe, on trouvait des constructions préhistoriques faites de grands blocs de pierre, ce que l’on appelle la culture mégalithique. Ce mot trouve son origine dans le grec et est une combinaison de deux autres mots, « mega » et « lithos », qui signifient respectivement « grand » et « pierre ». Un exemple typique serait le complexe de Stonehenge en Grande-Bretagne.
Il est logique de penser qu’au cours des quelque 1 200 ans pendant lesquels cette culture a été présente sur notre île, il y a eu des changements et des influences extérieures, provenant de différents peuples qui naviguaient et faisaient du commerce dans toute la Méditerranée.

Les villages talayotiques
À cette époque, des villages se sont progressivement implantés, parfois en s’appuyant sur des talaiots déjà existants, parfois en partant de zéro. La configuration la plus courante comprenait des remparts extérieurs, constitués de gros blocs de pierre, formant un enceinte ovale. Le talaiot se trouvait alors à peu près au centre, et le reste de l’espace était réservé aux habitations des villageois. On estime qu’à son apogée, Majorque comptait jusqu’à environ 200 villages disséminés sur toute l’île, chacun comptant entre 200 et 250 habitants.

Comment vivaient les anciens habitants
L’activité principale était l’élevage, principalement, et par ordre d’importance, celui des moutons, des chèvres, des bovins et des porcs. L’agriculture (blé, avoine, légumineuses), de subsistance, et la cueillette de fruits sauvages constituaient une activité secondaire, peut-être réservée aux femmes.
La chasse (lapins, lièvres, rats des champs, etc.) et la pêche (mollusques, certains poissons et même des tortues) étaient également des activités marginales.
Mais n’oublions pas que la période talayotique fut assez longue et qu’à différentes époques, il y eut des influences de peuples et de marchands étrangers. Cela a entraîné une évolution et des changements selon les époques, et c’est pourquoi les fouilles ont mis au jour des restes osseux d’animaux peu courants dans la région, tels que des phoques, des cerfs et… même des lions !

Artisanat et autres activités
On a découvert de nombreux objets en bronze de grande qualité (pointes de lance, épées, ceintures, aiguilles…) ainsi que des poteries, bien que ces dernières soient assez rudimentaires, fabriquées sans tour.
Mais ce qui distinguait vraiment nos ancêtres, c’était leur maîtrise de la fronde, pour lancer des pierres. D’abord les Carthaginois, puis les Romains, ont recruté des mercenaires des Baléares, qui formaient des troupes d’élite très réputées.
L’arrivée des Romains et le déclin
En 123 av. J.-C., les troupes du consul romain Cécilius Metellus conquirent l’île et, à partir de ce moment, ce monde allait changer définitivement. Rome possédait une culture et une civilisation bien supérieures, beaucoup plus évoluées à tous égards, et peu à peu, elle balaya le mode de vie traditionnel de la culture talayotique.
Que reste-t-il aujourd’hui des talayots à Majorque ?
De nombreux aspects de cette culture ancestrale restent encore un mystère, mais si vous aimez l’histoire, nous vous recommandons de visiter l’un des villages talayotiques et de laisser libre cours à votre imagination pour vous plonger dans cette époque si différente de la nôtre.
L’un des vestiges les mieux conservés de Majorque est le village de « Ses Païsses » à Artá, mais celui de « Capocorb Vell » à Llucmajor ou celui de « Son Fornés » à Montuïri sont également très intéressants.
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Conquête romaine de Majorque
L’histoire de Majorque remonte bien avant l’époque romaine. Les traditions, les paysages et la culture méditerranéenne continuent de faire partie intégrante de l’identité de l’île et de bon nombre de ses produits les plus authentiques. Découvrez les meilleurs produits gastronomiques de Majorque
